L'Europe dans 50 ans

DEMOGRAPHIE EUROPENNE : APOCALYPSE SLOW

La démographie est une science impitoyable. Elle nous enseigne l’émergence des civilisations comme leur déclin. C’est aussi, aux mains d’un pouvoir aux abois, une arme de désinformation massive. Aujourd’hui, le constat est lumineux : nous filons droit vers la fin de la civilisation européenne.


Du baby boom au baby crash
Dans les années 50 et 60, l’Europe démocratique s’était refaite une santé en généralisant un modèle de consumérisme modéré calqué sur l’exemple américain et alimenté par les débuts d’une Europe des grands secteurs industriels. L’élévation du niveau de vie et l’espérance d’ascension petite-bourgeoise motivaient jusqu’aux classes ouvrières. A défaut d’être stimulé par une vision du monde renouant avec les grands élans historiques de l’Europe, les peuples de l’Ouest investissaient naturellement dans leur descendance. La natalité permettait un renouvellement des générations. Le solde naturel de la population – le rapport naissances/décès – dépassait les 2 millions d’âmes. Aujourd’hui, à la fin de la première décennie du 21è siècle, ce même solde affiche quelques centaines de milliers d’unités. Sans la natalité de l’immigration de peuplement il serait négatif de plus d’un million. L’Allemagne et l’Italie sont en tête des pays où la population autochtone régresse. Le phénomène n’est pas neuf ; c’est dès avant la réunification de 1990 que la démographie « de souche » germanique est en diminution. Il aura fallu attendre presque une génération pour qu’un gouvernement – celui d’Angela Merkel – ébauche un programme de soutien important à la natalité. Sans garantie de réussite et avec comme effet pervers néanmoins que les mesures bénéficieront tout autant aux immigrés de confession musulmane.

Berceaux vides
Parmi les raisons de l’affaissement démographique européen, certaines sont liées à des situations nationales. Pour en terminer avec l’exemple allemand, ce peuple, tétanisé par la dénazification, s’impose une contraception mentale afin de ne pas à nouveau « sombrer dans le natalisme hitlérien ». Voici quelques années, cette problématique était déjà évoquée dans Devenir. Rien n’a changé. L’enfant est une denrée de plus en plus rare au-delà du Rhin. La tendance lourde est à une poursuite de la baisse des naissances : la génération des enfants uniques a produit des enfants uniques, ce qui donne une pyramide inversée avec un sommet de plus en plus large représentant la masse des plus de 65 ans.
Autres exemples : les pays de l’ancien bloc de l’Est : des décennies de communisme, d’appauvrissement et de déclin sanitaire combiné aux ravages d’un ultra-capitalisme mafieux post-soviétique ont abouti à une régression générale des taux de natalité.

Comme causes largement répandues à l’échelon européen, citons l’effacement progressif des repères et valeurs chrétiennes liés à la famille traditionnelle et leur remplacement par des paramètres modernes : hédonisme, hyperconsumérisme, travail des femmes et absence de structures sociales et de mesures légales facilitant la maternité.

Parallèlement au lent affaissement de la natalité autochtone, s’est mis en branle un vaste mouvement d’implantation de populations issues du tiers-monde : entre 1950 et le milieu des années 70 en grande partie dans le cadre d’accords interétatiques – immigration temporaire de travail -, mais depuis plus de trente ans essentiellement pour des raisons idéologiques – immigration de peuplement encouragée par les artificiers de la gnose multiculturelle. A titre d’exemple, en France comme en Belgique, moins de 10 % des nouveaux arrivants, sont détenteurs d’un contrat de travail. Plus de 3 millions d’étrangers pénètrent, légalement ou illégalement, désormais chaque année sur le territoire européen.

Les autres articles du dossier "L'Europe dans 50 ans"

Ce devait être un jour comme les autres…
50 ans d'après-guerre : un demi siècle pour rien ?
Le pic du pétrole, la chance de l’Europe.