
Mémoire et futur
Les Identitaires et, plus largement, toutes les personnes
soucieuses de connaître et de défendre leurs
racines et les fondements de leur culture sont souvent taxés
de « passéisme » ou de « nostalgie
».
La promotion des modèles traditionnels qui ont fondé
notre civilisation et la volonté d’en préserver
la spécificité seraient ainsi le fruit d’une
frilosité face à l’avenir et d’une
frustration vis-à-vis d’un présent auquel
on ne parviendrait pas à convenablement « s’intégrer
».
En dehors du fait qu’avoir des difficultés
« d’intégration » dans la caricature
de société, totalement anomique et hystériquement
matérialiste, qu’est devenu le monde moderne,
serait plutôt un signe de bonne santé mentale,
rien n’est plus erroné que cette analyse simpliste
réduisant le militant identitaire à un rétrograde
angoissé rêvant d’un hypothétique
retour à un « âge d’or » fantasmé.
Bien au contraire, si l’identitaire est tant soucieux
de ses origines, de son essence et de la richesse de son histoire
ce n’est pas pour s’enfermer dans une confortable
tour d’ivoire muséifiée mais pour puiser
dans cet héritage les forces et les matériaux
pour bâtir un avenir et un futur conformes à
sa nature.
Conscient que l’identité, comme l’a explicité
Alain de Benoist dans son dernier ouvrage*, n’est pas
« ce qui ne change jamais » mais « une manière
spécifique de changer », l’identitaire
se tient à égale distance du conservateur, qui
veut tout garder même ce qui est mauvais, et du progressiste,
qui veut tout changer même ce qui est bon.
L’identitaire souhaite renouer les liens brisés
de la plus longue mémoire, affronter les défis
de demain non pas avec les armes en fer blanc forgées
par une multinationale anonyme mais avec les outils conçus
par son âme et issus de son sang, ceux qui font l’originalité
et la valeur de chaque peuple et, par là, la richesse
du monde.
Ainsi, les ruptures radicales avec la modernité et
ses errements nihilistes (surconsommation, individualisme,
hédonisme névrotique, cosmopolitisme, indifférenciation…)
qui s’imposent aujourd’hui ne sont nullement des
« replis passéistes » mais tout à
l’inverse les seules voies permettant d’espérer
assurer à nos enfants un avenir autre que celui, au
choix, de clone lobotomisé programmé pour l’achat
ou de néo-intouchable esclave d’un obscurantisme
islamisé.
C’est cet avenir, porteur de nombreuses menaces et
de drames profonds mais aussi de formidables espérances,
que nous évoquons dans le dossier de ce nouveau numéro.
Pierre Chatov
*Alain de Benoist, « Nous et les Autres. Problématique
de l’identité. » Editions Krisis.
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