
Salamanque
« Celui qui vient à Salamanque ne peut qu’être
fasciné par l’atmosphère de beauté
et de quiétude de cette ville, et une force impérieuse
le pousse à y revenir » disait Cervantès.
Salamanque est une cité de 160.000 habitants qui a
su garder le cachet d’une petite ville. Son université
est la première d'Espagne et l’une des quatre
premières d’Europe. Elle a été
fondée vers 1250. Elle accueille aujourd'hui 30.000
étudiants dont 7.000 étrangers. Ses nombreuses
rues piétonnes permettent aux étudiants comme
aux touristes de flâner tout en admirant ses monuments,
ses places et ses parcs.

En pénétrant dans la ville par le majestueux
Pont Romain qui enjambe le Rio Tormès et qui a été
construit sous le règne de l’empereur Trajan,
le voyageur a tout de suite une idée du passé
mouvementé de la ville : la domination romaine, le
déclin sous l’occupation musulmane, la reconquête
et la renaissance avec la création de l’université,
l’épanouissement sous les Rois Catholiques. Malgré
les destructions de la guerre d'indépendance, il va
découvrir sur la rive droite une étonnante accumulation
de monuments splendides. L’église Santiago tout
d’abord, qui accueillait les pèlerins venus du
sud de l’Espagne par la Via de la Plata, et dont l’abside
romane est marquée par l’influence arabe.
Il suivra ensuite les coquilles de bronze, encastrées
dans le sol, qui le conduiront à l’ombre de la
cathédrale, ou plutôt des cathédrales,
la « Nueva » étant emboîtée
dans la « Vieja ». Il sera certainement surpris
d’apercevoir à gauche du portail flamboyant de
la Nueva un astronaute en scaphandre, clin d’œil
malicieux des sculpteurs chargés de la restauration
aux tailleurs de pierre du Moyen-Âge dont l’imagination
savait créer les chimères les plus fantastiques.
S’il a le courage d’escalader les tours médiévales
des cathédrales, il contemplera depuis le déambulatoire
l’intérieur des deux églises « siamoises
», puis il gagnera la Torre del Gallo et son toit à
écailles d’influence byzantine d’où
il jouira d’une vue panoramique sur l’ensemble
de la cité.
Un peu plus loin, en examinant la façade de l’Université,
il apercevra parmi les sculptures finement ciselées
une petite grenouille, juchée sur une tête de
mort, qui met en garde le jeune étudiant contre la
tentation de la chair ! Répartis tout autour d’un
patio, les amphithéâtres dévolus aux différentes
disciplines enseignées sont pieusement conservés
dans leur état du XVI° siècle. Pour visiter
la bibliothèque qui se trouve à l’étage
supérieur, il empruntera « l’escalier des
Jésuites » dont les rampes sculptées représentent
des scènes qui opposent le travail et l’étude
à l’oisiveté et à la luxure…
Son itinéraire se poursuivra Plaza Mayor avec ses
maisons aux façades de pierres dorées. Il y
séjournera longtemps. Lorsque le soleil se couche,
ses rayons incendient la pierre et donnent vie aux sculptures
qui ornent les maisons. Et quand la nuit tombera, il admirera
encore cet extraordinaire ensemble architectural à
la lueur des projecteurs savamment disposés. Il découvrira
du même coup que les médaillons qui décorent
les piliers rappellent le souvenir de tous les personnages
qui ont contribué au rayonnement de la ville. Franco
y figure toujours.
Encouragé par le spectacle dynamique de tous les
étudiants qui vont et viennent, il ira jusqu’à
la porte de Zamora, au nord de la ville, où se trouve
une église particulièrement originale, San Marcos,
conçue au XIII° siècle sur le modèle
d’un donjon parfaitement circulaire et intégrée
aux remparts de la ville.
Ebloui par tant de beauté et avant d’aller
se coucher, notre voyageur fatigué ira s’asseoir
à la terrasse de l’un des nombreux cafés
où des étudiants déguisés chantent
chaque soir de vieilles chansons, attirant une foule de curieux.
Salamanque, ville ouverte et joyeuse…
Mathias Guise
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