
Être et durer
L’engagement politique, quelles que soient les formes qu’il revêt, est un cheminement long et difficile surtout quand on appartient à la race "maudite" des hommes d’honneur.
Certes, les compagnons de voyage sont nombreux pour qui la politique représente tantôt une carrière lucrative, tantôt un exutoire à une vitalité débordante et au trop-plein d’illusions, tantôt une maladie initiatrice à la veille de l’entrée dans la vie socio professionnelle.
Ils sont nombreux, ces "militants" d’un soir
qui vous toisent de leur fougue tout juste éclose et
qui vous jugent sans appel au seuil de leur nouveau hobby.
Loin de nous l’idée de leur jeter la pierre. Ils
sont utiles comme tous les insectes d’une immense fourmilière
qui se construit laborieusement.
Ils ont des raisons, qui ont force de loi, de s’arrêter
en chemin : la carrière, la famille, les affaires, le
renom… ne sont souvent que les alibis honorables de renoncements
faciles, mais que voulez-vous dire à celui qui a décidé
de s’asseoir quand l’heure est de marcher ?
Il ne nous appartient pas de juger mais notre silence est
aussi méprisant que leurs alibis sont honorables.
Ils sont nombreux aussi, les spectateurs qui acquiescent aux
sacrifices des autres comme la populace aux jeux du cirque.
Les bonimenteurs de la révolution.
Les généraux de comptoir.
Les paralytiques du purisme idéologique.
Les empereurs du petit écran.
Oui, ils sont nombreux, tant à gauche qu’à
droite ou nulle part, ceux-là dont l’action politique
– c’est-à-dire tout ce qui touche à
la vie – se limite à bêler dans les prairies
de la démocratie. Parfois, surtout à gauche,
ils achètent leur pesanteur en finançant le
sacrifice des autres, les "pauvres" de la grande
politique.
Loin de nous l’idée de les maudire. Ils sont
utiles comme les coolies d’une œuvre de géants.
Ils ont l’excuse de la santé fragile, du travail
harassant, de la famille accaparante et des soucis de la vie
quotidienne. Ils ont l’excuse d’être petits
devant la vie. Ils restent encore nombreux, enfin, ceux que
la peur hideuse, le conformisme atavique, la stérilité
spirituelle rendent idiots.
Le panache superbe de l’idiotie triomphante. Les pédants
de nos jardins artificiels.
Comme les héliotropes, leur activisme se borne à
se tourner vers le soleil.
Inutiles comme les hochets d’un coffre à jouets
inaccessible, ils ne nous préoccupent guère.
Ce sont les clarinettes de la mode qui passe…
Nous avons ainsi fait pratiquement le tour de la faune politique
sous toutes ses formes.
La gauche en est pleine.
La droite en est pleine.
Le "marais" en déborde.
C’est la grande tribu des politiciens, des politicards
des "politicules" de l’urne et de l’isoloir.
Il n’y a pas de quoi se lamenter du vol des éphémères.
Mais convenons cependant que l’action politique véritable
– celle qui fait l’histoire – se trouve
ailleurs.
Elle est dans l’engagement total et sans partage au
service des valeurs européennes, qui sont source de
vie et de liberté.
Elle est dans le sacrifice vivifiant des gestes apparemment
gratuits qui ensemencent le futur.
Elle est dans le pas à pas extraordinaire du laboureur
de jadis, traçant son sillon dans le sol meuble.
L’engagement politique ne devient vrai qu’au
moment où il cesse d’être enfin un jeu
ou une fin pour devenir une façon de vivre et d’espérer.
L’engagement politique ne devient pesant et efficace
que lors qu’il dépasse le « tout électoral
». Les Identitaires sont dans ce domaine une référence,
en s’investissant sur le terrain de manière constante
et régulière pour pouvoir agir sur le réel,
par leur travail dans le domaine associatif.
Les identitaires ont réussi à mettre sur pied
des structures d’entraide sociale, de soutient scolaire.
En développent des comités de quartier, en défendant
des traditions locales, ils tracent de Nice à Bruxelles,
de Montréal à Genève la voie de la reconquête
pour et avec le peuple.
Le thème central du dossier de ce deuxième
numéro d’ID magazine mettra en lumière
la nécessité impérieuse de nous trouver
parmi le peuple comme des poissons dans l’eau car n’oublions
jamais que la révolution est une maîtresse qui
ne se donne qu’à ceux qui savent la conquérir.
Le combat politique est souvent la longue quête de cet
amour impossible.
Porteur de cet acte d’amour, fort de notre foi en la
victoire de nos idées, nous sommes sereins pour notre
avenir.
L’avenir appartient a ceux qui durent et qui ne se laissent
corrompre ni par le temps, ni par l’argent, ni par la
quiétude du monde absurde qui nous assaille, ni par
le chant des sirènes.
Pour nous le monde appartient au hommes qui cessent d’être
"des hommes qui prient pour devenir des hommes qui bénissent",
comme l’écrivait Nietzsche.
Ceux-là font l’Histoire, pour qui la vie est
un apostolat politique de tous les instants.
Et rien n’a de sens hors de l’Histoire.
Notre Europe connaît heureusement encore cette race
de "seigneurs" (car ils en sont). Nous pouvons nous
honorer d’en compter quelques-uns parmi nos camarades.
Ceux-là écrivent chaque jour, à travers
tant de renoncements secondaires, tant de sacrifices anodins,
tant de gestes faciles en apparence, la saga de ce vieux continent
qui n’en finit pas de mourir dans les mains de nos cartomanciennes.
Puissent les nôtres appartenir à la race de
ceux qui durent et qui, seuls, comptent…
Jean-Charles Van Zee
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