IL Y A LE FEU AU LAC !

L’éditorial de ce numéro n’est pas un éditorial comme les autres. Il possède un arôme particulier de terroir encore inconnu pour la plupart de ceux qui fréquentent notre milieu. Aujourd’hui, l’honneur est revenu à un Suisse de l’écrire. A l’origine de cet élargissement, une révolution culturelle qui s’est opérée depuis quelques années dans notre courant de pensée, laquelle est en bonne partie due au besoin fraternel de défendre notre identité européenne face à la montée des périls qui la guettent. Résultat de la pertinence de ces changements d’états d’esprit, l’essor des Identitaires en Romandie.

Bien entendu, la Suisse n’a pas le passé colonial de la France et n’a pas subi de la même manière les guerres mondiales. Elle n’a pas non plus l’importance de son voisin sur la scène internationale. De plus, sa neutralité en fait un Etat à part. Mais ce serait une grande erreur de considérer la Suisse comme un havre de bien-être, de sécurité et de traditions perpétuées comme le suggérait un dessin de Konk qui montrait un village suisse dans un coffre-fort à la porte demi ouverte d’où l’on entendait s’échapper par une bulle : “ La porte ! ”.

Les dangers qui nous menacent sont les mêmes, et peu importe le côté du Jura où nous nous situons. Preuve s’il en est, le récent viol d’une fille handicapée de 15 ans par un requérant d’asile kurde dans un petit village du Jura bernois peuplé de 2 300 âmes. Une scène qui nous semblait plutôt être l’apanage des banlieues françaises mais qui s’est déroulée dans une région champêtre que certains pensaient à l’abri. A tort. En Suisse, nous avons pris l’habitude de penser que nous ne connaîtrons la situation actuelle de la France ou de la Belgique que dans 10 ou 20 ans.

Nous ne sommes pas non plus protégés de la menace potentielle que représente la présence massive de musulmans sur notre sol, en effet entre 400 000 et 500 000 d’entre eux vivent chez nous. Soit environ 7% de la population globale. Alors qu’ils n’étaient que 3 000 en 1960… Tariq Ramadan, le très habile prosélyte qui a été nourri au biberon des Frères Musulmans possède le passeport suisse. Sans oublier que la plus ancienne institution saoudienne en Europe est l’Association culturelle islamique de Genève inaugurée par le roi Fahd en 1978, laquelle fut créée pour diffuser le Coran et promouvoir la culture musulmane. Ses ramifications s’étendent dans toute l’Europe, voire au-delà.

Vu notre niveau de vie fort appréciable, nous connaissons a fortiori l’immigration massive du Tiers-monde. Certains soirs, dans tel quartier de Genève ou de Lausanne, il devient difficile de rencontrer un Européen. Dans les écoles primaires ou secondaires, il n’est pas rare qu’il n’y ait plus de Suisses du tout dans certaines classes.

D’un point de vue économique, le chômage est certes moins fort qu’ailleurs en Europe et les salaires sont plus élevés, mais les coûts le sont aussi. Dès lors, il existe un nombre grandissant de familles suisses de souche vivant dans le besoin mais en silence, sans reprendre en chœur le chant des miséreux. Bref, on a toujours l’impression que les plus pauvres sont ceux qui se plaignent le plus. Suivez notre regard.

Dans les villes, le vide identitaire est énorme ; surtout en Romandie, on assiste à une perte de repères parmi la jeunesse, ce qui la pousse à suivre n’importe quelle mode, à s’engouffrer dans n’importe quel paradis artificiel et à passer sa vie à poursuivre le bonheur virtuel que lui fait miroiter la société de consommation. En corollaire à cela, nous connaissons le plus haut taux de suicide après le Japon et l'une des plus grandes consommations d’antidépresseurs au monde.

Souvent, les nationalistes de l’étranger sont surpris et se réjouissent des scores que fait l’UDC. Malheureusement, ce parti est resté bloqué dans des schémas de pensée dépassés. Il demeure en majorité bourgeois, libéral et attaché à une sacro-sainte neutralité qui ne répond plus aux enjeux du siècle à venir. Il faudra bien un jour savoir prendre nos responsabilités dans la politique européenne, qu’on le veuille ou non et que l'on aime les bureaucrates de Bruxelles ou pas. Le sort de l’Europe nous concerne également.

En lisant ces lignes, un identitaire belge, français ou québécois comprendra bien facilement que nous sommes adossés au même mur et que nous avons besoin de son aide, de sa solidarité afin de combattre efficacement. Dépassons les nationalismes étriqués, rentrons de plein pied dans la coordination identitaire francophone ! En attendant l’européenne…

Yohan Dupuis