
Samuel de Champlain
Né en 1570 à Brouage, en Saintonge, Samuel
de Champlain va devenir le véritable « père
de la Nouvelle France » qu’il va inlassablement
explorer, cartographier et coloniser 60 ans après sa
découverte par Jacques Cartier.
Son premier voyage en Amérique ne l’emmène
pourtant pas vers le rude Canada mais en Amérique du
sud. Il a alors 20 ans et fait la première de ses 19
traversées de l’Atlantique. À une époque
où le rêve de trouver la voie maritime vers les
Indes obsède tous les explorateurs, Champlain va bientôt
être aspiré par cette quête. Il va certes
échouer dans cette entreprise mais va, à la
place, fonder une nation.
C’est en 1602 que le bon Roi Henri IV trouve le temps,
entre deux poules-au-pot et un édit de Nantes, de conférer
à Champlain le titre de géographe royal avec
pour mission l’exploration de la Nouvelle France et
en particulier des voies fluviales qui pourraient mener vers
l’ouest. Il doit aussi développer des comptoirs
de traite de fourrure, véritable richesse de ce nouveau
pays au climat trop hostile pour y cultiver du coton ou du
tabac comme le font les Anglais en Virginie.
Arrivé en 1603, Champlain décide de suivre
les traces de
Jacques Cartier et explore le Saguenay (Fjord au nord de la
ville de Québec) puis remonte le Saint-Laurent jusqu’au
point où sera fondé plus tard Montréal.
Les fleuves sont le seul moyen de pénétrer ce
territoire sauvage. Pourtant les rapides de Lachine empêchent
l’explorateur d’aller plus loin. Ses guides Indiens
lui apprennent pourtant l’existence d’immenses
lacs (Érié, Huron et Ontario) où le Saint-Laurent
prend sa source. Pour l’intrépide Champlain atteindre
ces lacs va être un objectif majeur.
En attendant, Samuel revient en Acadie où il fonde
la ville de Port-Royal qui sera plus tard détruite
par les Britanniques. Elle répond à la volonté
de la France de transformer cette terre sauvage en véritable
colonie. Pourtant Champlain n’abandonne pas sa mission
géographique. Pendant ses trois ans en Acadie, il explore
toute la côte de ce qui est maintenant le Maine et le
Massachusetts, cartographiant et notant les havres sûrs
qui pourraient constituer de nouveaux comptoirs.
En 1608, Champlain reprend la route du Saint Laurent et fonde
un nouveau poste de traite de fourrure dans un endroit stratégique.
La ville de Québec est née. Il s’y installe
sans attendre. Il en profite pour explorer le lac Saint-Jean,
la rivière Richelieu et le lac qui portera désormais
son nom. Il s’allie aux Hurons, Algonquins et Montagnais
contre la puissante nation Iroquoise. Champlain l’ignore
mais il vient de se faire de terribles ennemis que les Anglais
n’hésiteront pas à utiliser à leur
profit le moment venu. La géopolitique du vieux continent
n’a pas tardé à venir compliquer l’exploration
du Nouveau-monde.
Avec l’aide de ses nouveaux alliés Champlain
poursuit son exploration et réussit à trouver
le moyen de franchir les rapides qui le stoppaient jusqu’ici.
Il s’enfonce ainsi plus profond vers l’intérieur
du continent. Il est persuadé qu’il va pouvoir
découvrir un passage vers les Indes. En 1613, il explore
l’Outaouais (région d’Ottawa). Le 1er Août
1615, il atteint le lac Huron, véritable mer intérieure
mais qui n’est pas le passage espéré vers
la Chine. C’est la dernière expédition
à laquelle il participe en personne. Désormais
il sera trop occupé à consolider l’embryon
de colonie qui s’est créé à Québec.
En 1629, la ville tombe pourtant provisoirement aux mains
des Anglais. Champlain retourne en France plaider la cause
de la colonie. Il sera écouté et la ville reprise.
Il y revient en 1633 et meurt deux ans plus tard, le jour
de Noël. Il y avait alors 150 français qui vivaient
en Nouvelle France.
Pierre Sanschagrin
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