
La révolution néoconservatrice
a vécu !
La
débâcle de Georges W. Bush aux élections
de mi-mandat est venue officialiser la fermeture de la parenthèse
politique ouverte le 11 septembre 2001. Avec elle achève
surtout, dans une déroute économico-militaire,
la révolution néoconservatrice américaine.
Les évènements internationaux ne cessent de
s'accumuler pour venir discréditer un peu plus chaque
jour la fumeuse théorie du « cercle vertueux
de la démocratie ». Théorie selon laquelle
il suffisait de voir le régime de Saddam Hussein sombrer
pour que tout le Proche-Orient bascule enfin dans la démocratie.
Si le régime de Saddam Hussein est bien tombé,
force est de constater que la démocratie tarde quelque
peu à s'installer non seulement en Irak, mais également
dans toute la région. C’est cette situation qui
a provoqué l’échec électoral des
républicains et a livré l’appareil d’État
aux démocrates qui trustent désormais l’essentiel
des postes décisionnels de l’administration américaine,
et ce malgré le fait que George W. Bush reste président.
La situation est comparable, en somme, à une sorte
de cohabitation mais à l'américaine. À
peine Donald Rumsfeld avait-il démissionné que
son successeur, Robert Gates, annonça au monde que
les Etats-Unis n’étaient « pas en train
de gagner la guerre en Irak ». Et comme si cette mauvaise
nouvelle ne suffisait pas à elle seule, la commission
Baker dévoila dans la foulée son plan pour l’Irak
afin de clairement solder les comptes avec l’équipe
sortante des faucons. Ce rapport souligne, entre autres, que
la « situation est grave et se détériore
» et en souligne la gravité en évoquant
la menace sérieuse d'un « effondrement du gouvernement
irakien » qui ne manquerait pas de provoquer inévitablement
un « glissement vers le chaos » de l'Irak sans
aucun doute, mais probablement aussi de toute la région.
Bref, en quelques semaines à peine, nous voilà
passés d’une situation prétendument «
sur la voie de la normalisation » à celle inquiétante
d’un risque d’embrasement généralisé
de tout le Moyen-Orient.
Le grand mensonge des démocrates
Incontestablement, ce revirement américain annonce
une nouvelle redistribution des cartes dans un Proche-Orient
rendu hautement explosif. Car la situation est devenue bien
plus délicate qu’elle ne l’était
avant l’intervention américaine et les marges
de manœuvres se sont grandement réduites. Ajoutons
à cela que la nouvelle équipe des démocrates,
désormais aux commandes, a été élue
sur la promesse d’un retrait rapide des troupes américaines
d’Irak, ce qui réduit d’autant le champ
des possibles. Une promesse qui, si elle était tenue
en l’état actuel des choses, mettrait Israël
dans une position extrêmement difficile, voire intenable.
On comprend alors qu’ils ont été élus
sur une promesse qu’ils savaient ne pouvoir tenir. Même
Nancy Pelosi, première femme qui vient de prendre la
présidence de la Chambre des représentants (troisième
personnage de l’État), militante démocrate
connue pour ses sympathies d’extrême gauche et
qui s’est surtout distinguée par son opposition
acharnée à la guerre en Irak, ne pourra tenir
la promesse qu’elle a faite à ses électeurs.
Car un retrait des troupes américaines du Proche-Orient
reviendrait à laisser l’État hébreux
seul face aux menaces multiformes d’une région
désormais au bord de l’explosion totale. Or,
si d’un côté l’italienne Pelosi s’affiche
farouchement opposée à la guerre en Irak, de
l’autre elle n’hésite pas à déclarer
: « Les USA et Israël sont liés de manières
indéfectible, à la paix à la guerre ».
Ce qui revient à dire, pour ceux qui savent lire entre
les lignes, que les Américains ne sont pas prêts
de quitter la région. D’ici à penser que
toute cette agitation médiatique qui entoure le retour
des démocrates n’est au fond destinée
qu’à calmer l’exaspération des américains
en leur faisant croire à un changement de politique,
il n’y a qu’un pas. Ces derniers commencent à
avoir l’habitude et ce ne sera pas la première
fois qu’ils se feront duper. La preuve, puisque Bush
vient de décider d’envoyer 30.000 hommes supplémentaires
en Irak. Ajoutons à cela qu’il se profile déjà
à l’horizon le bombardement des sites nucléaires
iraniens. Ce qui, on en conviendra, apparaît quelque
peu paradoxal avec les belles intentions affichées
par tous ces démocrates fraîchement élus.
Quoi qu’il en soit, tous ces atermoiements dans la stratégie
à suivre font découvrir au monde les faiblesses
d’une Amérique incapable de tenir un bras de
fer de longue durée contre une guérilla décidée
et entrainée. La détermination et la ferveur
des combattants irakiens auront révélé
l’extraordinaire aptitude au dépassement qu’éveille
en leur esprit l’idée du Djihad, bien supérieure
à celle que pouvait susciter la plate vulgate d’antan
du nationalisme laïc arabe...
Karl Hauffen.
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