
Demain, des tentes pour nos enfants ...
Quel avenir pour nos foyers ?
Droits de succession : les vautours contre
la transmission et l’enracinement.
Travailler,
œuvrer, économiser pour constituer un petit patrimoine
à léguer à ses enfants pour leur permettre
de démarrer dans l’existence sur des bases solides
et sans un excès de difficultés matérielles,
peut-on imaginer plus noble souci ?
Cette préoccupation est même l’une des
bases essentielles d’une société sédentaire
dont le centre névralgique est la famine.
L’héritage, dans sa plus noble acceptation (culturelle,
identitaire, spirituelle, charnelle…), c’est aussi
l’héritage concret d’un bout de terre,
d’une maison, d’un commerce, bref d’un foyer,
d’un ancrage…
Or, aujourd’hui, dans notre société consumériste
nourrie par le bougisme néo-nomade et l’atomisation
individualiste, rien n’est fait pour encourager et faciliter
cette légitime et naturelle transmission.
Tout au contraire, l’État, une nouvelle fois
indigne, n’a de cesse de taxer démesurément
la transmission familiale des biens alors qu’il se montre
parallèlement honteusement clément vis-à-vis
des revenus de la spéculation et des fortunes boursières.
Ainsi, la taxation d’un bien légué à
l’un des siens peut s’élever jusqu’à
plus de la moitié de sa valeur. Le conjoint survivant
bénéficie d'un abattement de 76.000 euros et
chaque enfant d'un abattement de 50.000 euros. Les transmissions
aux frères et sœurs (35 %) et entre non-parents
sont taxés pleinement. Les taux sont pour la succession
entre parents jusqu'au quatrième degré inclus
de 55% et pour la succession entre parents au-delà
du quatrième degré ou entre personnes non parentes
de 60%.
De plus, l’ogre étatique ne donne que six mois
de répit aux familles éplorées ! Les
héritiers (ou leur notaire) n’ont que ce délai,
à compter du décès, pour établir
la déclaration de succession et la déposer à
la recette des impôts du domicile du défunt,
accompagnée du paiement des droits de succession correspondants.
Passés les six premiers mois, l’administration
exige des intérêts de retard. Ils sont calculés
au taux de 0,75 % par mois, soit 9 % par an.
De fait, ce fiscalisme boulimique favorise la dispersion
des biens et la vente des « maisons de famille »
(lieux de réunion et de communions organiques propices
aux solidarités réelles) par les héritiers
pour régler les frais de successions et, bien souvent,
investir dans des clapiers à lapins citadins.
Affirmer que les « droits » de succession, impôt
sur la mort, sont une inique manipulation revenant à
faire payer plusieurs fois un même bien n’induit
évidemment pas la suppression de tout garde-fou en
ce domaine car il faut toujours garder à l’esprit
les faiblesses et la naturelle rapacité de l’individu.
On peut alors imaginer une fiscalité successorale s’adaptant
aux différentes situations concrètes. Par exemple,
le legs de la résidence principale pourrait être
totalement exonéré d’impôt à
condition que celle-ci reste une propriété familiale,
les héritiers devant payer une taxe très conséquente
à l’État en cas de vente de ce bien à
un tiers.
On favoriserait alors la transmission patrimoniale sans pour
autant encourager les enrichissements faciles et indus.
À l’opposé de cette volonté, les
récentes « adaptations législatives du
droit successoral aux réalités sociales contemporaines
» (comprendre : massification des divorces, multiplication
des familles recomposées/décomposées…etc)
vont dans le sens d’une toujours plus grande facilité
accordée à la dispersion des patrimoines. Ainsi
l’assouplissement des règles de « l’indivision
» fait que dorénavant l’accord de la totalité
des ayants droits n’est plus nécessaire pour
autoriser la revente d’un bien légué (l’accord
des 2/3 fait force).
Une fois encore, seule une approche « identitaire »
ne raisonnant pas qu’en termes « d’intérêts
financiers des participants » peut déboucher
sur une situation équitable alliant souci de la transmission
et justice sociale (il est ainsi tout à fait normal
que quelqu’un héritant d’un bien productif
lui assurant un revenu sans travail paye une contribution
significative à la communauté.).
Pierre Chatov
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