
Zachary Richard
Longtemps isolée et interdite d'expression en public
et à l'école, c'est grâce à la
persévérance de quelques artistes, dont au premier
rang Zachary Richard, qu'aujourd'hui la culture cajun non
seulement revit mais progresse.
Né
à Scott, en Louisiane en 1950, Zachary Richard a grandi
entre deux cultures, trois langues et de multiples influences
musicales. S'exprimant autant en créole qu'en anglais
et en français, il prend vite conscience de la menace
qui pèse sur sa culture natale, suite à ses
premiers voyages à travers la fancophonie au début
de l'âge adulte. Zachary Richard est un cajun. Le mot
cajun vient d'une déformation du mot « acadien
». Ces derniers furent en effet déportés
par les britanniques et trouvèrent refuge au cœur
des bayous.
Adolescent, dans les années 60, Richard découvre
le Rock. Il découvre aussi la force des mots au contact
des poètes de la « beat generation ». D'une
grande curiosité et doté d'une facilité
innée pour la musique, il s'imprègne des divers
courants musicaux qui circulent si intensément dans
le sud de la Louisiane: le R&B, le blues, les rythmes
antillais viennent s'ajouter à la culture cajun et
au folk-rock de ses jeunes années. Tout en poursuivant
des études à New York, il continue de s'intéresser
à la musique et enregistre quelques chansons en vue
d'un disque qui ne sera jamais pressé. En 1974, un
concours de circonstances l'amène au Québec
à l'occasion du Carnaval d'hiver de la ville de Québec.
Suite à ce premier contact, les liens se tissent entre
le musicien chanteur et ses cousins du nord et il revient
s'installer au Canada pour quelques années. C'est le
début d'une aventure intense qui durera près
de cinq ans et sera marqué par la sortie de 7 albums.
Lors d'un passage à Cap-Pelé, au Nouveau-Brunswick,
il prend conscience des liens qui l'unissent à la vie
acadienne et devient un ardent défenseur de la culture
de ses origines. Pendant son séjour en Acadie, il fait
la connaissance de Johnny Comeau avec qui il se rend en France
participer à un festival de musiques folk. Là-bas,
il découvre de jeunes musiciens français adeptes
de tradition louisianaise. Atteignant une certaine renommée,
il donne son spectacle à l'Olympia de Paris. Au même
moment, Julien Clerc reprend la chanson "Travailler c'est
trop dur" et en fait un énorme succès,
éclipsant même la version de Zachary sur le territoire
de l'Hexagone. Ce qui n'empêche pas celui-ci de remporter
le Grand Prix international de la jeune chanson en 1979.
Au début des années 80, il regagne ses terres
et sa maison louisianaise. Il ne la quitte que pour quelques
apparitions au Québec. Devenu une star, il n'a de cesse
de faire reconnaître la culture francophone au USA,
en particulier dans les écoles. En 1996, il lance son
album "Cap enragé". Ce Cd marque les retrouvailles
avec un public qui ne l'a pas oublié et une nouvelle
génération qui découvre à la fois
l'auteur et le musicien. Les chansons "Au bord de Lac
Bijou", "La ballade de Jean Batailleur" et
"Cap Enragé" connaissent la faveur du public
et retiennent l'attention des diffuseurs, si bien que l'album
est consacré platine (100 000 copies vendues) à
peine un an après sa parution.
Zachary Richard a publié deux recueils de poésie:
Voyage de nuit en 1987 et Faire récolte en 1997. Ce
dernier lui a valu le Prix Littéraire Champlain au
Salon du Livre de Québec. De retour en Louisiane, il
prépare en 1999 le tournage d'un documentaire sur l'histoire
du peuple cadien intitulé « Contre vents et marées
». Sorti en 2004, ce documentaire est un chef d'œuvre.
Montrant l'histoire à la fois de l'installation des
acadiens en Louisiane mais aussi la résistance qu'ils
menèrent pour conserver leur identité, on ne
peut qu'admirer la détermination de ce peuple et saluer
Zachary Richard pour son combat identitaire.
Zacahry Richard est sans nul doute une figure identitaire
exemplaire. Il est membre fondateur de la l'association «
Action cadienne » et fut extrêmement engagé
dans l'aide au victime de l'ouragan Katerina qui dévasta
les terres cajuns.
Charles Desèvre
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