
Tagada Jones – Le feu aux poudres
«
Prise d’otage au pouvoir pour hisser le pavillon noir
! », décidément les refrains de Tagada
Jones ne font jamais dans la dentelle. Nous nous trouvons
vraiment là en présence d’un bon album.
Le groupe effectue à la fois un retour à sa
violence punk des débuts, après un passage très
métal qui ne me semblait pas vraiment coller avec l’atmosphère.
Tagada conserve un son très métallique pour
les guitares mais y remet de l’énergie punk et
fait de jolies excursions vers des beats électroniques
qui viennent soutenir plusieurs morceaux. Les harmonies et
variations vocales sont très travaillées, et
la voix de Nico (qui me rappelle décidément
Lofofora), le chanteur, est mise en avant ce qui contribue
là encore à l’effet dynamisant. Les vocaux
sont en plus souvent portés par des mélodies
de guitare composées à cet effet. Difficile
de parler de la voix sans évoquer les textes, et bien
entendu Tagada Jones n’est pas vraiment un groupe identitaire…
Tagada c’est du cent pour cent anar, mais réellement
anar et c’est finalement assez rare. On ne compte plus
les groupes qui se revendiquent anarchistes tout en jouant
à fond le jeu des compagnies de disques ou encore pour
donner une connotation plus rebelle à leur petit antifascisme
bourgeois. Alors Tagada n’aime ni les drapeaux, ni les
patriotes et trouve plutôt sympa que les racailles crament
des voitures ; mais dans le même temps, et là
encore c’est assez rare pour être souligné,
le groupe dénonce à deux reprises l’Islam
dans ces chansons. Dans « Cauchemar », c’est
pour nous parler de la vie d’une jeune fille (que l’on
devine musulmane) qui essaie de s’en sorti dans sa cité
en luttant contre le sexisme des traditions et de la religion,
et « Kamikaze » évoque le destin d 'une
jeune fille qui partant pour une journée shopping en
ville avec ses parents, finit par sauter dans les transports
en commun (« Mais quel abruti peut bien demander à
ses chiens, d’aller sauter aux pieds de n’importe
quel citoyen »). Vous trouverez aussi sur ce disque
plusieurs bonus, allant du remix électro ou électro-HardCore
(très très efficace sur certains morceaux) à
une excellente version acoustique de la chanson « Combien
de temps encore ».
Si vous voulez découvrir la furie Tagada Jones sur
cène le groupe fête son 1000éme concert
à Rennes Les 8 & 9 février 2007, au programme:
Tagada / Lofofora / Parabellum / la Phaze / Burning Heads
/ Punish yourself / l'Esprit Du Clan / Condkoï / le Noyau
dur !
Bérurier Noir – Invisible
Déçu, oui voilà, je suis déçu…
Décidément les dernières productions
en studio (ce disque et le projet François Béru
et les Anges Déchus) de François ne seront pas
parvenues à emporter mon enthousiasme, alors que je
fus pourtant fan des Bérus et méga-fan de Molodoï.
Les morceaux entendus en live sur l’album (CD et DVD)
live « l’Opéra des loups » - qui
regroupait des chansons enregistrées lors des différentes
prestations de la tournée de reformation de Bérurier
Noir – m’avaient plutôt enthousiasmé.
Je ne m’étais pas trompé, puisque finalement
« Le cerf, le druide et le loup » et « Liberté
» sont certainement les meilleurs morceaux de ce disque
! Les deux morceaux révèlent d’ailleurs
une étonnante connotation paganisante et même
localsite, enracinée pou « Liberté ».
Mais finalement ce n’est pas vraiment du Béru
et même du côté des textes, on est un peu
dans le flou. Parfois on a le sentiment d’être
devant une chanson de Molodoï, pour d’autres devant
un des titres de François Béru et les Anges
déchus. On pourrait se dire qu’après tout
on est peut-être là devant la synthèse
de l’univers de François, mais on se sent davantage
devant un disque qui ne trouve pas vraiment sa direction,
son sens. Le seul morceau sonnant vraiment Bérurier,
dans le texte et le son, est « Coup d’état
de la jeunesse » mais du coup on se surprend à
trouver ça ringard, vintage. Allez, pour ne pas perdre
le moral je vais faire vibrer dans la maison « Petit
agité » ou encore « Année zéro
».
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