Étymologiquement le « militant », du latin « miles » (soldat) est un combattant qui impose, armes à la main, ses idées. Que veut dire être un militant en ce début de millénaire? Assistons-nous à l'émergence de nouvelles formes de militantisme du fait de techniques inexistantes jusque là, en particulier l'Internet? Y a-t-il parallèlement des permanences dans le combat militant, dans ses enjeux et dans ses dangers? Les causes qui justifient l'engagement aujourd'hui diffèrent-elles des causes passées?

Le militantisme a sans conteste une permanence : il est dans la nature de l'homme d'exprimer et de défendre ses idées. Il a aussi changé car nous sommes dans une société ultra-relativiste où chaque opinion prétend valoir toutes les autres et à se titre obtient le droit de s'exprimer.

Ainsi l'acte de militer semble être un passage obligé de la vie de chacun mais le corollaire est que c'est une mode, une passade, un hobby. Ainsi on est un militant pour le droit au logement, militant anti-fasciste, militant anti-spéciste, militant écologiste, militante féministe, militant anti-OGM voire un militant nationaliste avant de devenir un bon bourgeois complaisant lorsque le travail, les enfants, et les paiements d'emprunt de la maison commencent à nous accaparer.

Ce constat pessimiste et ne tenant pas compte des exceptions, notamment de certaines personnes qui sont interviewées dans ce dossier, mérite que l'on se demande en quoi le relativisme a un impact sur le militantisme. Ce dont souffre le militantisme, c'est qu'aujourd'hui toute opinion semble se valoir à l'exception bien sûr de tout ce qui est rangé, à tort le plus souvent, dans la catégorie « extrême droite ». Ainsi, si chaque idée ou personne qui l'exprime se vaut, la lâcheté se compare au courage, l'honnêteté est éclipsée par la tricherie, le juste n'est pas plus reconnu que le mauvais. Chacun devient libre de ses choix et de mener sa vie comme bon lui semble, loin de toute référence morale, et interdit catégoriquement à ses pairs de le juger. La raison essentielle de cette dérive du militantisme, c'est la perte de son aspect charnel. Militer, c'est avant tout prendre un risque physique.



Mont-Louis

La France célèbre cette année le tricentenaire de la mort de Vauban, décédé à Paris le 30 mars 1707 et enterré à Bazoches, dans le Morvan. Cet ingénieur et architecte militaire, nommé Maréchal de France par Louis XIV, a créé ou amélioré plus de 180 forteresses et donné son nom à un type d’architecture militaire connu et redouté dans toute l’Europe : le système Vauban.
L’une des œuvres les plus caractéristiques de cet architecte de génie est la citadelle de Mont-Louis. Conçue entièrement par Vauban et construite en moins de trois ans, cette place forte est située dans le département des Pyrénées-Orientales. Elle a été bâtie pour défendre la Cerdagne et protéger le Roussillon. Complété vers 1889 par des batteries annexes, cet ensemble fortifié offre une remarquable illustration de la fortification de montagne.

Vers un crépuscule des militants ?

On ne s'affirme pas militant, on est reconnu (ou non) comme tel. Par les autres. Par ses pairs, par ses camarades, par ses chefs, par ses anciens… C'est une somme d'actes, petits ou grands mais réguliers, quotidiens, qui se voit couronnée par ce titre glorieux.

Rien de plus étranger donc à l'individualisme post-moderne que cette notion de militantisme qui exige à la fois le goût du don et l'acceptation d'une certaine hiérarchie et des jugements de celles-ci.

Bien sûr, le militant n'est pas un Saint, il n'agit pas « uniquement » pour les autres mais « aussi » pour les autres, ce qui, aujourd'hui, est déjà d'une rareté quasi-miraculeuse.