Pékin à l'heure des JO

Le 13 juillet 2001, les membres du Comité International Olympique ont décidés que s'organiseraient à Pékin la compétition maîtresse du sport business, les Jeux Olympiques (JO), battant ainsi le comité d'organisation Parisien en final, sans surprise diront les experts. Sans surprise car les chinois ont su mettre tous leurs atouts de leur côté. Promettant énormément de travaux d'urbanisation, ils étaient prêts  à bouleverser la vie quotidienne des habitants de Pékin durant la période des JO afin que cet évènement devienne une vitrine de leur politique économique et sociale.

Le peuple chinois, profondément confucianiste et fataliste, acceptant tout sans sourciller depuis toujours, apprend à aimer les JO. Tout d'abord la télévision, leur outil préféré, est complètement acquise à la cause Olympique. Sur toutes les chaines la propagande annonce qu'il faut aimer les JO, qu'il faut se tenir prêt car ce sera les plus fantastique Jeux de l'Histoire. Toutes les chaines, même les provinciales, le scandent.
Les Jeux Olympiques présentant énormément de sport occidentaux complètement inconnus ici, il est même possible de voir trois fois par jours des cours de compréhension des règles de sport tels le vélo sur piste ou la planche à voile. Ces cours sont suivis de cours d'anglais télévisés. Tous les jours une phrase est à connaitre par cœur (en théorie) et est enseignée par une star de variété chinoise pour rentre l'apprentissage plus attrayant et l'autochtone polyglotte.

Dans leur vie quotidienne, les retraités aiment se retrouver dans les zones d'activités sportives ou les centres sociaux de leur quartier pour discuter et faire des activités ludiques tous ensemble. Ces centres, gérés par le parti communiste, sont eux aussi tous acquis a la cause olympique chinoise.
Les petites vieilles adorant danser, elles préparent toutes des chorégraphies qui seront, pour les plus belles d'entre-elles, présentées lors de l'inauguration des Jeux le 8 aout 2008 et pour toutes présentée au moins une fois lors de conférences gratuites qui présentent les JO. Ces conférences dans les centres sociaux sont très prisées par les hommes en mal d'activité. Il est aussi demandé aux locaux de participer et d'être volontaire. Et cela fonctionne bien, toutes les familles ont au moins une personne ayant postulé, pour la gloire du pays, au programme de volontariat des Jeux Olympiques.

Le pouvoir central aussi prend des mesures pour préparer la population à l'arrivée massive d'occidentaux. Certaines habitudes doivent changer. En tout premier lieu la pollution est visée. Il est depuis quelques mois déjà interdit de se chauffer et de cuire avec du charbon, trop polluant, qui pourtant est la première forme d'énergie utilisée à Pékin. Les vendeurs à la sauvette, les marchants de fruits et autres comestibles qui s'achetaient dans la rue sont aussi bannis. Cette règle est uniquement faite pour l'image de la ville, les vendeurs de rues étant pour la plus part très pauvres et habillés de guenilles. Par ailleurs les chauffeurs de taxi n'ont plus le droit de fumer dans leur véhicule et de se raser le crane afin de ne pas effrayer les touristes occidentaux. Ces trois règles ne sont que trois petits exemples parmi de très nombreuses mesures qui tentent de modifier le mode de vie des Pékinois avant le début des JO.

La mesures sociale la plus impressionnante est sans conteste celle qui régie la vie des provinciaux venant travailler ou chercher du travail a Pékin. En effet, par principe tous sont "persona non grata" dans la ville. Bien évidement il y a de nombreuses exceptions pour que la ville continue de vivre. Les employés dont l'entreprise fonctionne toujours lors des évènements sportifs auront une dérogation qu'ils devront aller faire valider au commissariat de leur quartier. Celles ne se présentant pas seront alors expulsées provisoirement. Les étudiants, en vacances à cette période, ne pourront pas rester dans l'enceinte de leur université. Les travailleurs en bâtiments devront eux tous cesser de travailler et retourner chez eux. Les constructions seront toutes arrêtées lors de cette période. Ces règles étant uniquement édictées pour que Pékin soit la moins embouteillée et la moins polluée possible.

La population avertie des changements et forcée de bouleverser ses mœurs, la ville de Pékin doit aussi tenir ses promesses et être capable d'organiser les évènements sportifs dans les meilleures conditions. Misant sur une politique qui donnera tous les droits aux étrangers venus pour les Jeux Olympiques, et plus aucun a la population locale, c'est avec près de 80000 policiers en tout genres que la Chine va protéger les blancs venus se distraire dans un des derniers bastion du communisme.

Matteo Ricci